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Ebola : faut-il annuler la Coupe d'Afrique des Nations 2015 ?

Ebola : faut-il annuler la Coupe d'Afrique des Nations 2015 ?

La Coupe d’Afrique des Nations (du 17 janvier au 8 février 2015) est menacée. Le Maroc, chargé d’organiser sa 30e édition a demandé le report de la compétition, à cause de l’épidémie de fièvre Ebola. Même si la Confédération africaine de football (CAF) a opposé son refus, voilà qu’il est fortement question d’un désistement du pays organisateur.

Il est vrai que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a livré cette semaine des informations chiffrées assez alarmantes à propos de la propagation du virus Ebola en Afrique. Le bilan des victimes est en forte hausse - plus de 4 400 morts désormais pour près de 9000 malades au total - et les prévisions sont de «5 000 à 10 000 nouveaux cas d’Ebola par semaine en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone» en décembre. La maladie se répand donc de manière exponentielle depuis son apparition en février dernier en Guinée fin 2013.

La question de l’annulation de la Coupe d’Afrique des Nations se pose, au regard des nombreuses inconnues qui prédominent actuellement.
 

Une question logistique

Officiellement, le Maroc n'a pris la décision de se retirer. A trois mois de la compétition, la CAF a néanmoins approché, dans la précipitation, des pays pouvant se substituer à une défection éventuelle. En cas de candidatures multiples, un tirage au sort serait alors effectué. «Le Maroc craint de ne pas pouvoir assurer un déferlement de fans dans une période où le pic de cas déclarés pourrait être atteint mais la compétition continentale majeure ne draine jamais de supporters - hors Algérie et Tunisie ici -, le niveau de vie des populations ne permettant pas des déplacements coûteux, explique Hervé Penot, notre spécialiste du football africain, sur son blog dédié à cette thématique. De plus, ces supporters sont souvent encadrés, subventionnés par les Etats, donc contrôlés.»

Que ce soit au Maroc, donc, ou dans un autre pays épargné par la fièvre, il s’agirait avant tout d’avoir à gérer avec une problématique de logistique en un temps express. L’Afrique du Sud avait déjà réussi  ce genre d’entreprise - avec deux mois de plus pour s’organiser, certes - lorsque l’édition précédente avait dû être retirée à la Libye au regard de sa situation politique et militaire. Mais la nation arc-en-ciel a cette fois décliné la proposition.
 

Une question « européenne »

En ce moment même, la CAN féminine se déroule en Namibie. Sans susciter de réaction particulière et encore moins attirer l’attention pour des motifs sanitaires. Mais en Europe, là où la grande majorité des meilleurs joueurs africains évoluent en club, les premières réticences commencent apparaître, à l’instar d’un Jean-Michel Aulas qui avoue être «en réflexion» au sujet des sélectionnés africains de l’OL (les Camerounais Clinton Njie et Henri Bedimo ainsi que le Burkinabé Bakary Koné).
En Allemagne, Jürgen Klopp, l’entraîneur de Dortmund – où évolue notamment le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang – a également émis des réserves la semaine dernière : « Si un pays a le sentiment qu'il ne peut pas trouver une bonne solution alors il faut s'inquiéter. On n'a pas le droit de fermer les yeux et dire: on continue comme ça ».

De son côté, Jean-Pierre Louvel, le président de l’Union des clubs professionnels de football (UCPF), la représentation des présidents de clubs français, assure faire « confiance à la CAF pour savoir comment ils vont organiser les choses et ensuite nous verrons à statuer en fonction des garanties qui nous seront données ». Et l’exemple namibien lui fait dire « que précisément, il ne faut pas s’affoler trop vite ».
 

Une question économique

Les clubs européens n’apprécient guère de laisser partir certains de leurs meilleurs joueurs en cours de saison et le font régulièrement savoir à chaque Coupe d’Afrique des Nations. « L’harmonisation des calendriers est effectivement un sujet récurrent que nous avons. La CAN existe, nous savons tous que lorsque nous prenons des joueurs étrangers, ils sont susceptibles de partir si leur pays est qualifié, précise Jean-Pierre Louvel. Aujourd’hui, la CAN doit avoir lieu. On pose les problèmes sanitaires, et on pose le problème des calendriers distincts, ce sont deux choses différentes. » Un report de la CAN motivé par des questions sanitaires serait toutefois vu d’un bon œil. Dans le cas d’un maintien de la compétition, et malgré les inquiétudes exprimées, les règlements de la Fifa sont très clairs : les clubs doivent mettre leur joueur à disposition des sélections nationales et « tout accord contraire entre un joueur et un club est interdit ».

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