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Chef d’Etat en exercice : Kenya, Uhuru Kenyata en route pour la CPI !

Chef d’Etat en exercice : Kenya, Uhuru Kenyata en route pour la CPI !

*Au Kenya, le pouvoir a changé des mains. Le Président Uhuru Kenyata a nommé son adjoint Willam Ruto pour conduire les affaires du pays pendant qu’il sera devant les juges de la Cour Pénale Internationale,

à La Haye. La reddition de Uhuru Kenyata, premier Chef d’Etat au monde, en fonctions, fera date. Il faut y lire un vrai avertissement à tous les dirigeants africains et autres dictateurs qui s’illustrent par des crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Désormais, il y a plus fort qu’eux, la CPI. 

 

Quand Omar El Béchir du Soudan se cache pour échapper le plus longtemps possible au mandat d’arrêt lancé contre lui par la CPI, voici un courageux, Uhuru Kenyata du Kenya, qui abandonne tout et se présente devant les juges à La Haye, pour répondre des faits lui incriminés. Il est, en effet, accusé d’avoir orchestré des massacres à caractère ethnique, dans la foulée de l’élection présidentielle de 2007. La nouvelle de la prochaine comparution du Président Kenyan a surpris beaucoup de personnes. Car, c’est une première. Une première en Afrique et dans le monde. Jamais, de mémoire de journaliste, un Chef d’Etat en exercice s’est retrouvé autant dans la nasse. La reddition de Uhuru Kenyata crée, désormais, un précédent. Les fonctions officielles ne suffisent plus pour violer impunément les droits de l’homme. Pourtant, si quelqu’un pouvait bénéficier des circonstances atténuantes, c’est bien le Président Kenyan. Son pays fait face à une vague sans précédent d’attaques terroristes. Les islamistes somaliens Shebab y mènent régulièrement des assauts depuis que le Kenya a dépêché ses soldats de l’autre côté de la frontière pour aider à la restauration de l’autorité de l’Etat. L’année dernière, le centre d’affaires West Gate à Nairobi a fait les frais de l’extrémisme Shebab. Le 21 septembre 2013, la prise d’otages s’est soldée dans le sang. Bien avant, c’est Al-Qaïda  qui frappait les intérêts occidentaux au Kenya. Allusion faite ici aux attentats simultanés contre les Ambassades américaines à Nairobi et à Dar-es-Salaam, la capitale tanzanienne, en août 1998. Au plan interne, le Kenya peine à sortir de la crise née des élections de 2007. On aurait espéré que la CPI se montre complaisante ou tendre à la demande de suspension du procès Kenyata. Il n’en est rien. Qui plus, le Kenya s’est positionné, de tous les temps, comme un grand allié de l’Occident en Afrique de l’Est. A priori, les alliés occidentaux de Kenyata auraient pu intervenir pour lui éviter la comparution pendant le mandat. Non, la justice internationale est indépendante. Ses pairs africains se sont battus, à Addis-Abeba, dans le cadre de l’Union Africaine, pour faire valoir les immunités qu’offrent les fonctions présidentielles, en vain. Quoiqu’on dise, le procès du Président Kenyan arrive à un mauvais moment. Plusieurs élections sont prévues dans deux ans sur le continent africain. Les élections en Afrique constituent une période délicate. L’Ivoirien Laurent Gbagbo se retrouve à la CPI, à la suite d’un conflit électoral. Pourvu que la décapitation de l’Afrique n’aille pas plus loin.

 

La Pros.    

 

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